1869 · Bâle
Il devient professeur de philologie à Bâle, à 24 ans. Il rend visite à Wagner à Tribschen, près de Lucerne.5
Philosophie · Le philosophe au marteau
« Dieu est mort. » Un philosophe qui frappe nos valeurs pour entendre si elles sonnent creux.
Déjà à l’aise ? Aller au quizTu as déjà entendu « Dieu est mort ». Souvent sans savoir d’où vient la phrase.
Le marteau
Il touche les idoles comme on ferait d’un diapason, pour savoir si elles sonnent creux.3
Il a pensé l’essentiel de son œuvre entre la Méditerranée et l’Engadine.4
Professeur à Bâle à 24 ans, il quitte l’enseignement en 1879, malade.5
D’où viennent nos valeurs ?
Que faire quand leur fondement s’effondre, et comment dire oui à la vie ? C’est la question de cette fiche.
Casser, c’est ce qu’on retient de lui, non ?
Un marteau, pas une masse
1 · Une vie
Friedrich Nietzsche naît le 15 octobre 1844 à Röcken, en Prusse, fils d’un pasteur.5 Brillant philologue, il est nommé professeur à Bâle en 1869, à 24 ans.4
Malade, il quitte l’enseignement en 1879 et vit ensuite entre l’Italie, Nice et Sils-Maria. Il s’effondre à Turin en janvier 1889.4
Une nationalité
En 1869, il renonce à la nationalité prussienne. Il restera apatride toute sa vie.5
Il devient professeur de philologie à Bâle, à 24 ans. Il rend visite à Wagner à Tribschen, près de Lucerne.5
Apollon et Dionysos : deux forces de l’art grec.4
L’idée de l’éternel retour lui vient en Engadine, près de Sils-Maria.5
« Dieu est mort » apparaît dans le § 125, « L’insensé ».2
Le livre s’écrit jusqu’en 1885. Le surhumain est annoncé dès le prologue.1
Maîtres, esclaves, ressentiment : l’enquête sur l’origine des valeurs.3
Son avant-propos parle de toucher les idoles « du marteau ».3
En janvier, il s’effondre à Turin. Il ne retrouvera jamais la raison. Il meurt en 1900.4
Le marteau
Le marteau de Nietzsche n’est pas d’abord une masse : c’est un instrument pour « poser des questions » et écouter si nos valeurs sonnent creux.
Des idoles éternelles.
« Des idoles éternelles que l’on touche ici du marteau comme on ferait d’un diapason. »3 Crépuscule des idoles, 1888.
Une maxime de combattant.
« Ce qui ne me fait pas mourir me rend plus fort ». Une devise d’endurance, pas une loi qui garantirait que toute épreuve fortifie.3
« À l’école de guerre de la vie », Crépuscule des idoles, Maximes et pointes, 8.
Vrai ou faux
Cinq idées reçues sur Nietzsche.
D’où sortent le bien et le mal ?
2 · Une question d’origine
Nietzsche ne demande pas « qu’est-ce qui est bien ? », mais « d’où vient que nous appelons ceci bien ? ». Une généalogie cherche l’origine d’une valeur pour juger ce qu’elle vaut.3
« Nous avons besoin d’une critique des valeurs morales, et la valeur de ces valeurs doit tout d’abord être mise en question. »
Fais défiler : six étapes, de la question à notre héritage.
Nos tables de valeurs, bien et mal, semblent tombées du ciel. Nietzsche fait l'enquête : qui les a créées, et pourquoi ?
Chez les nobles, « bon » veut d'abord dire noble, fort, fier ; « mauvais », bas, vulgaire. Une morale qui naît d'une affirmation de soi.
Les faibles ne peuvent pas agir contre les forts. Il leur reste une rancune impuissante, une « vengeance imaginaire » : le ressentiment.
« La révolte des esclaves dans la morale commence lorsque le ressentiment lui-même devient créateur et enfante des valeurs. » Le fort devient « méchant », le faible « bon ».
Les agneaux se disent : « Ces oiseaux de proie sont méchants », donc celui qui leur ressemble le moins, l'agneau, doit être bon.
Pour Nietzsche, notre morale de l'humilité et de la pitié descend de cette inversion, transmise par le christianisme. Une hypothèse provocante, très discutée.
Deux points de départ
La morale des maîtres dit d’abord « oui » à elle-même. Celle des esclaves part d’un « non » à ce qui n’est pas elle.3
Elle part de l’ennemi, le « méchant », et se définit par contraste.
Le même mot, deux sens
Chez les nobles, « bon » veut d’abord dire noble, fort, fier. Chez les esclaves, le fort devient « méchant », et le faible « bon ».3
Classe
Morale des maîtres ou morale des esclaves, selon Nietzsche ?
« Et c’est nous qui l’avons tué »2
3 · « Dieu est mort »
Une petite scène, en plein jour.
La formule la plus célèbre de Nietzsche vient du Gai Savoir (1882, § 125), intitulé « L’insensé ». Regarde à qui il parle.2
La lanterne
Le fondement
Si Dieu fondait nos valeurs, sa « mort » les laisse sans appui : c’est le nihilisme, le sentiment que plus rien ne vaut.24
Il faudra du temps : « peut-être encore pendant des milliers d’années », il y aura des cavernes où l’on montrera son ombre.2
Le § 108 du Gai Savoir : l’événement est encore en route.
C’est à la fois un danger et une chance : il faudra créer des valeurs nouvelles.2
À toi
Dans la scène, pourquoi les gens de la place se moquent-ils de l'insensé ?
Porter, se libérer, créer
4 · Chameau, lion, enfant
Comment passer des valeurs reçues à des valeurs créées ? Le premier discours de Zarathoustra répond par une image.
« Je vais vous dire trois métamorphoses de l’esprit : comment l’esprit devient chameau, comment le chameau devient lion, et comment enfin le lion devient enfant. »
Le chameau
Le lion, c’est déjà bien, non ?
Le chameau porte les valeurs reçues. Le lion se libère du « Tu dois ». L’enfant crée.1
Classe
À quelle métamorphose appartient chaque expression du texte ?
Une corde au-dessus de l’abîme
5 · Une corde sur l’abîme
Dans le prologue de Zarathoustra, la foule attend un danseur de corde, qui doit marcher entre deux tours. Zarathoustra en fait une image de l’homme.1
La corde
Surhumain, ou surhomme.
Henri Albert traduit l’allemand Übermensch par « Surhumain ». Ce n’est pas une race : c’est celui qui crée ses valeurs et dit oui à la vie.1
Derrière le surhumain, la volonté de puissance : la vie veut croître, se dépasser, donner forme.1
« Partout où j’ai trouvé quelque chose de vivant, j’ai trouvé de la volonté de puissance. »
Ce n’est pas d’abord la soif de dominer les autres, mais l’élan par lequel la vie se surmonte elle-même.1
Zarathoustra, II, « De la victoire sur soi-même ».
Son contraire : le dernier homme ne veut plus que son confort. « Nous avons inventé le bonheur », disent-ils, en clignant de l’œil.1
À toi
Qui ressemble le plus au « dernier homme » de Zarathoustra ?
Apollon et Dionysos
Dans La Naissance de la tragédie (1872), Nietzsche distingue deux forces de l’art grec. La tragédie naît de leur union.4
Revivre sa vie, à l’infini
Le démon
L’éternel retour fonctionne surtout comme une épreuve : vis de telle sorte que tu puisses vouloir revivre ta vie à l’infini.2
Dire oui à tout ce qui est nécessaire, c’est l’amor fati, l’amour du destin.
« Amor fati : que cela soit dorénavant mon amour » (Le Gai Savoir, § 276).2
À toi
À quoi sert surtout la pensée de l'éternel retour dans Le Gai Savoir ?
Et lequel pas du tout ?
Entraîne-toi, puis vérifie
Entraîne-toi
Cherche d’abord, en quelques phrases, puis ouvre le corrigé.
Parce que ceux qui l'écoutent ne croient déjà plus en Dieu, mais n'ont pas compris ce que cet événement implique : si Dieu fondait nos valeurs, sa disparition les laisse sans appui (plus d'« en-haut » ni d'« en-bas »). L'événement est « encore en route » : il faudra du temps pour en mesurer les conséquences et créer des valeurs nouvelles.
Le point de départ. La morale des maîtres naît d'une affirmation de soi (« bon » = noble, fort) et juge ensuite « mauvais » ce qui est bas. La morale des esclaves naît du ressentiment : elle commence par dire « non » au fort, qu'elle appelle « méchant », puis se définit elle-même comme « bonne » par contraste.
I. L'éternel retour comme épreuve : il donne un poids formidable à chaque choix et invite à ne rien faire qu'on ne puisse vouloir revivre (amor fati). II. Objections : on ne choisit pas tout (maladie, injustices subies) ; vouloir tout revivre peut sembler cruel ou résigné. III. Dépassement : dire oui ne veut pas dire approuver le mal, mais assumer sa vie comme un tout et en faire une œuvre ; comparer avec d'autres réponses (Épicure, Kant).
Attention
Il meurt en 1900 et rompt avec sa sœur à cause de « ce maudit antisémitisme » ; c’est elle qui a arrangé ses notes et soutenu Hitler.4
Une compilation posthume, pas un livre de Nietzsche.4
C’est celui qui crée ses valeurs et dit oui à la vie.1
C’est le constat d’un effondrement culturel des valeurs, adressé à des incroyants.2
Nietzsche veut dépasser l’opposition bien / mal héritée du ressentiment, pas supprimer toute évaluation.4
La maxime s’intitule « À l’école de guerre de la vie » : c’est une devise d’endurance, pas une loi universelle.3
Ce qu’il faut retenir
À retenir
Le fil de la pensée, des valeurs qui semblent tomber du ciel jusqu’au « oui » à la vie.
Marteau : ausculter les idoles, comme avec un diapason.
Généalogie : chercher l’origine des valeurs pour juger leur valeur.
Maîtres : « bon » = noble, fort ; « mauvais » = bas.
Esclaves : ressentiment, le fort devient « méchant », le faible « bon ».
Dieu est mort : le fondement des valeurs s’effondre : nihilisme.
Métamorphoses : chameau (porter), lion (se libérer), enfant (créer).
Surhumain : l’homme est un pont, pas un but · contraire : le dernier homme.
Éternel retour : épreuve, vouloir revivre sa vie · amor fati.
Dix questions pour finir
Dix questions tirées parmi dix-neuf, réponses mélangées à chaque partie. Une explication s'affiche après chaque réponse, et tes erreurs sont reprises à la fin.
Ton score
Fiche relue et sourcée en septembre 2026, refaite en récit en octobre 2026.