1. Matérielle
De quoi la chose est-elle faite ? Du bronze.
Philosophie · Collège, 2ᵉ année · 45 min
Élève de Platon, précepteur d’Alexandre, fondateur du Lycée : il veut comprendre les choses, pas seulement les Idées.
Déjà à l’aise ? Aller au quizIl a voulu tout comprendre, des animaux aux étoiles.
Dans les choses
Un gland n’est pas encore un chêne : il en est un en puissance.
Devenir chêne, pour Aristote, c’est passer de la puissance à l’acte.
Élève de Platon
Il est l’élève de Platon pendant vingt ans, puis il le contredit sur l’essentiel : là où Platon cherche la vérité dans un monde d’Idées, lui la cherche dans les choses.
En vue de quoi, ça veut dire « dans quel but » ?
Un élève qui contredit son maître
1 · Qui était-il ?
Aristote naît en Macédoine, à Stagire. Vers dix-sept ans, il part étudier à Athènes, à l’Académie de Platon.4
Plus tard, il ouvre sa propre école et écrit sur presque tout : logique, physique, biologie, âme, morale, politique, poésie.
Une vie en cinq dates
En 343, il devient le précepteur du jeune Alexandre, qui a 13 ans. Il meurt à Chalcis en 322, un an après avoir quitté Athènes.4
« Il maestro di color che sanno »
Au Moyen Âge, on l’appelle simplement « le Philosophe ». Dante le voit parmi les sages : le maître de ceux qui savent.7
À toi
Les disciples d'Aristote ont été appelés les « péripatéticiens ». Pourquoi ?
Péripatéticiens
Le nom vient probablement du peripatos, la galerie couverte du Lycée.4
La tradition ajoute qu’on y enseignait en marchant.
Un savant qui parle de tout
2 · La forme
Aristote admire son maître, mais il le contredit sur le point central : les Idées séparées. Le peintre Raphaël a résumé ce désaccord en un seul geste.7
Raphaël
« Entre l’amitié et la vérité qui nous sont chères toutes les deux, c’est une obligation sacrée de donner la préférence à la vérité. »
Attention
La formule « Platon m’est cher, mais la vérité m’est plus chère » n’est pas d’Aristote : elle est bien plus tardive et résume ce passage.
Classe
Platon, ou Aristote ?
Le pourquoi des choses
3 · Les quatre causes
Pour Aristote, on ne connaît vraiment une chose que lorsqu’on en saisit la cause, son pourquoi.5
Il distingue quatre façons de répondre à « pourquoi ? ». Son exemple favori : une statue de bronze.
Matérielle
De quoi la chose est-elle faite ? Du bronze.
Quelle forme reçoit la matière ? Celle d’un homme.
Qui fait passer la forme dans la matière ? Le sculpteur, avec son art.
En vue de quoi ? Pour honorer un dieu dans son temple.
Le gland est un chêne en puissance : il peut le devenir. Le chêne adulte est le chêne en acte : il a réalisé ce qu’il pouvait être.
Pour Aristote, le mouvement est ce passage de la puissance à l’acte, et chaque être naturel tend vers sa fin.
Rien en vain
L’œil est fait pour voir, la racine pour nourrir la plante. Dans la Politique (I), Aristote le répète : « la nature ne fait rien en vain ».2
La science moderne, depuis le XVIIᵉ siècle, a largement abandonné ce genre d’explication en physique.
Un couteau
Un couteau a lui aussi ses quatre causes : de quoi il est fait, quelle forme il a, qui le fabrique, à quoi il sert.
Classe
Une maison et un couteau : range chaque réponse sous sa cause.
Un raisonnement qui tient debout
4 · La logique
Aristote est le premier à étudier de façon systématique le raisonnement, dans les traités réunis sous le nom d’Organon (« l’outil »).4
Au cœur : le syllogisme, deux prémisses et une conclusion.
Le mot « homme » relie les deux prémisses : c’est lui qui permet de conclure.
Un syllogisme est valide quand sa forme garantit la conclusion, dès que les prémisses sont vraies.
Validité et vérité ne sont pas la même chose : à toi de jouer.
La règle
Une forme valide peut donc mener à une conclusion fausse, si une prémisse est fausse.
Jeu en quatre épreuves
Les exemples avec Socrate sont des exemples d’école, construits bien après Aristote sur le modèle de ses syllogismes.
Le principe de non-contradiction : une même chose ne peut pas, en même temps et sous le même rapport, être et ne pas être.4
Aristote le tient pour le plus sûr de tous les principes (Métaphysique, Γ). Sans lui, aucune discussion n’est possible.
Chaque fin appelle une autre
5 · Le bonheur
Pourquoi fais-tu ce que tu fais ? Au livre I de l’Éthique à Nicomaque, Aristote remonte de fin en fin jusqu’au bonheur, puis dit en quoi il consiste.1
Première phrase de l'Éthique : tout art, toute action tend vers un bien. La médecine vise la santé, la stratégie la victoire (I, 1).
La sellerie travaille pour l'équitation, l'équitation pour la stratégie (I, 1). Chaque fin est le moyen d'une fin plus haute.
On ne peut pas remonter ainsi à l'infini, sinon tout désir serait vain (I, 2). Il existe donc un bien voulu pour lui-même.
Tout le monde l'appelle bonheur (eudaimonia). Le plaisir ? Une vie de bête. Les honneurs ? Ils dépendent des autres. La richesse ? Un moyen (I, 5).
Le flûtiste, le sculpteur, l'œil ont une fonction. Celle de l'être humain : l'activité de l'âme conforme à la raison (I, 7).
Le bonheur est l'activité de l'âme conforme à la vertu, dans une vie complète : « une seule hirondelle ne fait pas le printemps » (I, 7).
La vie la plus haute
Au livre X, Aristote place au sommet la vie contemplative (theoria), l’activité de l’intellect, la part la plus divine en nous.6
La vie active et vertueuse dans la cité vient juste après.
« Une seule hirondelle ne fait pas le printemps, non plus qu’un seul beau jour. »
Donc un seul beau jour ne suffit pas ?
Le milieu n’est pas la moyenne
6 · La vertu
Reste à savoir ce qu’est la vertu, c’est-à-dire l’excellence. Au livre II, Aristote répond : une disposition à choisir le milieu entre deux vices, l’un par défaut, l’autre par excès.1
Mais pas n’importe quel milieu.
Trop peu
« On devient juste en pratiquant la justice ; sage, en cultivant la sagesse ; courageux, en exerçant le courage. »
Le même schéma
La générosité suit la même règle : donner trop peu, c’est l’avarice ; donner ce qu’il faut, c’est la libéralité ; tout dépenser, c’est la prodigalité.3
Classe
Défaut, vertu ou excès ?
La prudence (phronesis) : pour trouver le juste milieu dans chaque situation, il faut une intelligence pratique. Ce n’est pas un savoir théorique, mais l’art de bien délibérer sur ce qui est bon.1
Périclès, en exemple
Aristote le cite : il sait voir ce qui est bon pour lui et pour ceux qu’il gouverne (VI, 5).1
Un animal qui parle
7 · La cité
Pour Aristote, l’être humain ne s’accomplit que dans une cité (polis). Dans la Politique (I, 2), il dit que l’homme est par nature un animal politique : en grec, zôon politikon.2
Pourquoi ? Parce que la nature, qui « ne fait rien en vain », a donné la parole à l’homme seul.2
La voix exprime seulement le plaisir et la douleur ; la parole permet de discuter de l’utile et du nuisible, du juste et de l’injuste.
Celui qui ne peut pas vivre en société, dit la Politique, « c’est une brute ou un dieu ».2
Il est au-dessous de l’humain (une bête, sans parole ni lois) ou au-dessus (un dieu, qui se suffit à lui-même).
Six régimes
Au livre III de la Politique, Aristote classe les régimes selon deux questions : qui gouverne, et dans quel intérêt ?2
En pratique, il recommande un régime mixte, qui mêle démocratie et oligarchie et s’appuie sur une classe moyenne.
Trois amitiés
Au livre VIII de l’Éthique, il y a « trois espèces d’amitié » : par utilité, par plaisir, et l’amitié parfaite, celle « des gens qui sont vertueux, et qui se ressemblent par leur vertu ».1
Les deux premières cessent avec l’utilité ou le plaisir ; la troisième est rare, et elle se forme avec le temps.
Classe
Quelle amitié, selon Aristote ?
Il pensait vraiment ça ?
Il faut s’entraîner
Entraîne-toi
Cherche d’abord, puis ouvre le corrigé.
Matérielle : le verre, le métal, le silicium dont il est fait. Formelle : sa forme et son organisation, ce qui fait de ces matériaux un téléphone (le plan, le circuit). Efficiente : les ingénieurs et l'usine qui l'ont conçu et assemblé. Finale : communiquer, s'informer, ce en vue de quoi il existe. Pour Aristote, la cause finale explique les autres : c'est pour communiquer qu'on choisit ces matériaux et cette forme.
Que n'avoir peur de rien n'est pas le courage, mais un vice par excès, proche de la témérité. Le courage est un juste milieu : avoir peur de ce qu'il faut craindre, comme il faut et quand il faut, et affronter le danger quand c'est bien de le faire. Le courageux n'est pas sans peur ; il ne se laisse pas gouverner par elle. Et le courage s'acquiert par l'habitude, en exerçant le courage.
Parce que l'être humain est par nature fait pour vivre en cité : il a reçu la parole pour discuter du juste et de l'injuste avec les autres. Celui qui n'a besoin de personne est soit au-dessous de l'humain (une bête, sans parole ni lois), soit au-dessus (un dieu, qui se suffit à lui-même). L'homme ne réalise sa nature, et le bonheur, qu'au milieu des autres.
Attention
Il est relatif à nous, et pas forcément au centre : la lâcheté s’oppose plus au courage que la témérité.
Du point de vue du bien, dit Aristote, la vertu est « un extrême et un sommet ».1
Formule latine tardive, pas une phrase d’Aristote.
C’est un exemple d’école, plus tardif.
C’est de Plaute, repris par Hobbes : rien à voir avec Aristote.
À retenir
Repères : 384-322 · élève de Platon · précepteur d’Alexandre · le Lycée
La forme : pas d’Idées séparées · matière + forme = la chose
Acte, puissance : le gland, chêne en puissance · le mouvement réalise
Quatre causes : matérielle, formelle, efficiente, finale
Logique : le syllogisme · valide n’est pas vrai · non-contradiction
Bonheur : fin ultime · activité conforme à la vertu, toute une vie
Vertu : juste milieu relatif à nous · s’acquiert par l’habitude
Cité : animal politique · six régimes · trois amitiés
Maintenant, à toi
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Dix questions tirées parmi vingt-six, réponses mélangées à chaque partie. Une explication s'affiche après chaque réponse, et tes erreurs sont reprises à la fin.
Ton score
Fiche relue et sourcée en septembre 2026, refaite en récit en octobre 2026.